Emmanuel Macron, chef désarmé

Macron reproche au général de Villiers, son chef d’état-major, d’avoir protesté contre les coupes sombres qui risquent de s’abattre sur nos brigades et nos divisions. Seulement c’est devant l’Assemblée que ce dernier s’est exprimé, pas devant la presse.

 Dans sa quête pour affirmer son autorité, qui le mène d’une poignée de main théâtralisée avec Trump à des gros yeux faits à Poutine ou d’un road-trip en Pick-up sur les Champs-Elysées à un hélitreuillage sur les flots bleus, Macron a décidé de jouer du menton face au chef d’État-major des armées.

Le seul vrai patron

Macron, sautant sur l’occasion de s’affirmer, a néanmoins martialement fait savoir qu’il était le vrai et seul patron et qu’en cas de désaccord avec lui Villiers n’avait plus qu’à remiser son képi. On est au bord de la crise de nerfs dans les casernes.

Les troupes, lit-on dans la presse, approuvent les protestations du général qui ne comprend pas comment on peut réclamer efforts et risques à des soldats dont on réduit concomitamment les moyens d’agir et de se protéger.

Mais le soldat suprême ?

Mais, au fait, Macron est-il légitime à se draper dans une toge de soldat suprême ?

Le Président de la République est le chef des armées aux termes de l’article 15 de la Constitution. Mais il faut bien comprendre qu’il s’agit, dans l’esprit et même la lettre du texte fondamental, de veiller à éviter le pire à la Nation.

Garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités, le Président est le seul responsable politique à pouvoir donner l’ordre d’engagement des forces nucléaires.

Si l’on descend d’un cran, le Président définit certes les orientations et arrête les décisions en matière de défense au sein de conseils placés sous sa présidence. Mais c’est le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation.

Pour cela, il dispose de l’administration et de la force armée (article 20 de la constitution). Le Premier ministre est responsable de la Défense nationale (article 21). Il assure la mise en œuvre des mesures décidées en conseil de défense et de sécurité nationale.

Il s’appuie sur le Secrétariat général de la Défense nationale (SGDN) qui s’est transformé en 2009 en un secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) aux missions élargies.

Le chef et ses subordonnés

Le ministre de la Défense prépare et met en œuvre quant à lui la politique de défense dont il assume, avec la Premier ministre, la responsabilité devant le Parlement : organisation et entraînement des forces armées, recrutement et gestion du personnel, réalisation des armements, infrastructures.

Il est assisté par des « grands subordonnés » : le chef d’état-major des armées, le délégué général pour l’armement, le secrétaire général pour l’administration, les chefs d’état-major de l’armée de terre, de la marine, de l’armée de l’air.

Bref, lorsqu’il s’agit comme en ce moment de trancher des questions budgétaires, on est en plein dans les compétences gouvernementales assignées au Premier ministre et dans sa foulée au ministre de la Défense.

Le devoir de dire la vérité

Et il est du devoir du chef d’État-major, interrogé par des parlementaires, de leur dire la vérité sur l’état des troupes. Macron veut jouer au chef mais il se trompe de combat.

Du reste, les industriels de la défense ont fait part, selon le journal L’Opinion, de leur mécontentement lors du discours du président de la République aux armées, la veille du défilé militaire du 14 juillet, face à l’effort de réduction de 850 millions d’euros des programmes d’équipements pour financer les opérations extérieures. Refusant d’applaudir au discours du président, ils ont quitté l’hôtel de Brienne sans participer à la garden-party.

Édouard Philippe et Florence Parly aux abonnés absents

Avez-vous entendu Monsieur Philippe et Madame Parly sur ce sujet ? Nenni. On doit même désormais se demander si madame Boulard n’a pas pris prétexte de l’affaire des emplois fictifs du Modem pour quitter son ministère, consciente qu’elle y compterait pour du beurre.

Tant que Monsieur Macron nous parlait de son rôle jupitérien avec le sourire, on pouvait croire à une forme de boutade. S’il prend les choses au sérieux, il faudra qu’il se souvienne que le pouvoir absolu est synonyme de responsabilité absolue. Même Zeus n’était pas seul sur l’Olympe.

Or, ici comme dans toutes les affaires qui agitent en ce moment l’exécutif, fait cruellement défaut à ce président ce que les anciens et Clausewitz nommaient le nerf de la guerre, à savoir l’argent.

Plus un sou en caisse

Macron prend des airs martiaux mais il n’a plus sou vaillant. À la première embuscade où périront des soldats français mal équipés, il devra rendre des comptes. Tout comme quand reprendront les attentats islamistes et qu’on constatera qu’à nouveau services de renseignement et de police furent défaillants dans un contexte de crédits diminués.

Plus les jours passent, plus le règne macronien apparaît comme un condensé, un précipité des errements de celui de son prédécesseur. Des grandes déclarations, des impôts pour la classe moyenne, des coupes budgétaires mal conçues et finalement la désillusion pour tous. Seul le conditionnement publicitaire a changé, autre manière de dire que les Français se sont faits emballés

Le Général De Villier à démissionner

 

 

Privés d'emplois familiaux, les députés s'agacent du statut promis à Brigitte Macron

Des députés de droite comme de gauche dénoncent une incohérence de l'exécutif, alors que la loi s'apprête à interdire le recours aux emplois familiaux à l'Assemblée Nationale.

«Faites ce que je dis mais pas ce que je fais!», enrage sur Twitter ce mardi l'ancien ministre et député LR Thierry Mariani. En cause, le statut et le budget dont devrait bientôt disposer la première dame Brigitte Macron, comme l'avait annoncé son époux de président. Une disposition inédite, et qui vise à plus de transparence, mais qui intervient «au même moment où l'on fait interdire les “emplois familiaux” au Parlement», fustige le fondateur de la Droite Populaire. Et l'ex-représentant des Français de l'Étranger n'est visiblement pas le seul à dénoncer ce qui apparaît comme une contradiction, si ce n'est une injustice.

À gauche également, la perspective de voir officialisé le rôle de Brigitte Macron irrite. Invité ce matin de l'émission Territoires d'infos sur Sud Radio - Public Sénat, le député socialiste Luc Carvounas relève:«Dans l'histoire des couples présidentiels, les premières dames ont toujours eu des activités bénévoles». «Je ne vois pas pourquoi la femme du chef de l'État aurait un budget sur de l'argent public. On est en train de nous dire qu'il faut recruter des centaines d'administrateurs à l'Assemblée pour contrôler tous nos tickets de caisse, et on va allouer un budget à la femme du chef de l'État, je ne suis pas d'accord», s'agace encore le maire d'Alfortville (94). Un sentiment d'incohérence également dénoncé du côté de la gauche radicale, comme l'illustre le député Eric Coquerel. «Brigitte Macron serait donc une collaboratrice. Pourtant on va interdire aux députés d'employer leur famille non?», s'interroge-t-il sur Twitter.

Déjà près de 200 courriers quotidiens

L'officialisation du statut de Brigitte Macron n'est pourtant pas une surprise. Emmanuel Macron avait promis de clarifier les fonctions de son épouse, afin de rompre avec le flou qui prévalait jusqu'ici pour le statut des conjointes des chefs d'État français. Elle dispose actuellement d'une équipe de deux à trois collaborateurs et de deux secrétaires. Deux agents de sécurité assurent par ailleurs sa protection. Très sollicitée par courrier par les Français, son cabinet indiquait il y a peu au Figaro qu'elle reçoit près de 200 lettres quotidiennes. Si les fonctions précises qui seront attribuées à Brigitte Macron ne seront connues qu'après l'été, on sait déjà que la première dame souhaite agir en faveur de la scolarisation des enfants hospitalisés et pour soulager les difficultés rencontrées par les personnes handicapées.

En plus d'une équipe, la première dame aura donc un budget pour le fonctionnement de ses activités et la rémunération de ses collaborateurs. Si le montant précis du budget que mobilisera Brigitte Macron ne peut pas encore être déterminé, P